JOB (LIVRE DE)


JOB (LIVRE DE)
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JOB LIVRE DE

Le Livre de Job est classé parmi les Écrits (Ketubim ) dans les différentes Bibles, mais à des endroits qui varient (dans le canon catholique, la version syriaque le met entre le Pentateuque et le Livre de Josué, tandis que la Vulgate le place en tête des livres didactiques). Ces divergences s’expliquent en partie par les incertitudes concernant l’origine du livre et l’époque de son héros. Le Livre de Job est un chef-d’œuvre de littérature sapientielle, élaboré par un poète israélite à partir de l’histoire populaire d’un cheik édomite qui, mis à l’épreuve par Satan, serait demeuré inébranlablement fidèle à Dieu. Le thème central de cette composition biblique unique est simple. Job est un juste tenté par Satan avec la permission divine. Trois amis essaient de le persuader que sa souffrance est le fruit de son péché, mais il rejette vigoureusement leur argumentation. Un quatrième interlocuteur veut trouver une solution dans la vertu éducatrice de la souffrance. Yahvé apparaît alors, désignant les merveilles de la Création et reprochant à Job ses plaintes indiscrètes. À la fin du livre, le juste est restauré dans ses biens et même gratifié de bénédictions nouvelles.

Le Livre de Job est construit selon un plan défini. Deux Deux éléments en prose enchâssent le gros de l’œuvre, qui est en vers: un prologue (I-II) et un épilogue (XLII, 7-17). Le long poème qui se déploie dans l’entre-deux comprend, d’abord, trois cycles de discours (III-XXXVII) faisant intervenir tour à tour chacun des trois amis de Job, Éliphaz, Bildad et Sophar, auxquels le héros répond chaque fois; puis la réponse de Yahvé (XXXVIII-XLI) et la mention du repentir de Job (XLII, 1-6). Bien que le livre ait une unité organique réelle, l’œuvre originale, composée d’un récit en prose, d’un dialogue et d’une théophanie, s’est adjoint, au cours du temps, des éléments étrangers.

On peut faire des rapprochements pertinents entre le Livre de Job et les grands tragiques grecs, ou même les Dialogues de Platon; mais il n’est guère possible de le dater de l’époque hellénistique; il s’inscrit plutôt dans le sillage des écrits babyloniens, et sa pensée profonde est celle d’un Juif de Palestine de la période postexilique; il convient donc de situer la période de sa composition entre le retour d’Exil (\JOB (LIVRE DE) 538) et Alexandre (\JOB (LIVRE DE) 330), peut-être vers la fin du \JOB (LIVRE DE) Ve siècle.

L’auteur du Livre de Job est anonyme (le Livre d’Ézéchiel parle d’un Job, qu’il présente en compagnie de Noé et de Daniel: XIV, 14-21). Il s’agit probablement d’un homme cultivé dont le savoir reflète des traits assyro-babyloniens, phéniciens et égyptiens.

Ce livre marque une étape décisive dans l’histoire de la doctrine de la rétribution, qui s’est cherchée durant des siècles en Israël. Il apparaît à une époque où l’idée de rétribution individuelle rencontre des difficultés pratiques insolubles. Job est aux prises avec un grave problème: il souffre tout en ayant conscience d’être innocent. Les solutions faciles de ses amis orthodoxes sont réfutées déjà par son attitude obstinée: la souffrance n’est pas forcément le châtiment du péché, et l’on ne peut convaincre un juste qu’il est pécheur parce qu’il souffre. À travers ses longs plaidoyers pour la justice et ses plaintes répétées, Job essaie de sortir de l’impasse par la mise en cause frappante d’une doctrine traditionnelle trop simpliste. La grande conviction de l’auteur, c’est que Dieu bénit ici-bas la vertu du juste: la justice divine se manifeste, en effet, à travers l’épaisseur d’un mystère, d’où le juste parvient à tirer sinon la clarté du moins la liberté et la paix finales. En tant que texte scripturaire, le Livre de Job est cité par saint Paul (I Cor., III, 19) et par saint Jacques (V, 11); il est largement utilisé par les Pères de l’Église. Tant par sa perfection littéraire que par sa vérité humaine, il a influé sur la spiritualité chrétienne postérieure.

Encyclopédie Universelle. 2012.